23.11 – 16.12.2023
Christian Paraschiv, très jeune artiste prometteur fuit la Roumanie pour recevoir son « prix de peinture 1982 de Cagnes sur Mer ». En France depuis 1986, il a construit une œuvre autant de peintre que de performeur, ce qui à l’époque, a séduit Alain Oudin. Depuis 2002, son premier retour au pays natal, lui et sa femme Sylvia, ont retissé des liens étroits avec le milieu artistique de Bucarest et de toute la Roumanie. Aujourd’hui la nouvelle situation européenne nous fait dire :
« Quand on est ukrainien, on est européen, quand on est européen, on est ukrainien »
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Christian Paraschiv a-t-il inventé cette devise pour lui-même lors de son arrivée en France en 1986, lauréat 1979 du Prix de peinture de Cagnes-sur-Mer et dans l’attente deux ans, de la venue de sa famille ? Nous avions repris cet énoncé pour parrainer les séjours et échanges artistiques de Bethonvilliers avec le groupe Prolog comme à la galerie Victoria de Bucarest avec Petru Lucaci et Magda Cârneci pour nos expositions croisées « Corp – Artâ – Societate ». Lors de la remise de décoration de Christian à l’ambassade de Roumanie à Paris, ces quelques mots dits avec une extrême émotion avait été mon seul discours de félicitations. Dans ma contribution au catalogue de Bistra Lechevalier, d’origine bulgare, je dis mon tropisme pour les apports culturels étrangers, comprenant notre accueil à la galerie de nombreux exilés politiques et culturels.
Quelle est l’origine… que justifie cet énoncé, quels en sont les fondements ? Cette expression, s’entend comme une affirmation transnationale et aujourd’hui européenne ; est-ce affection, affectation, fusion, confusion, confiance, souhait, voeux, voeux pieux même, slogan, chimère, ou espoir ? Grande incertitude sur l’échelle des croyances !
Que nous apprend l’histoire récente de nos deux pays qui éclairerait cette affirmation. Carol Hohenzollern, roi de Roumanie, chef d’un état neutre, (retenu en 1915 — dit-on — de signer son alliance germanique par son épouse Marie, princesse russo-britannique et francophile) fera tourner la Roumanie vers la triple-alliance et contribuer à la victoire de 1918.
À l’issue de quoi la Roumanie trouvera ses frontières actuelles après le référendum en Transylvanie. On dira aussi alors que « l’Ours roumain a arraché ses frontières au Tigre-Clémenceau » l’arbitre du traité de Versailles.
Est-ce suite à ces évènements, que par esprit et goût que Bucarest est devenu le « Petit Paris » ? Ma famille se prête à cette affirmation car l’un de mes grand-oncles, ingénieur, est réputé avoir construit des lignes de chemin de fer en Roumanie et très proche de roumains Colibachano arrivés à Biarritz entre les deux guerres.
La situation européenne actuelle soumise au matraquage de la perverse dialectique impérialiste russe fait se souvenir du « Ich bin ein Berliner » de John Kennedy. Maintenant cette aspiration à la solidarité franco-roumaine doit trouver tout son sens et son efficacité en l’élargissant à l’Europe pour dire « Quand on est Ukrainien, on est Européen, quand on est Européen, on est Ukrainien. »
Alain Oudin avec la collaboration de Christian Jouret



