Marie Chamant. Javelles – Jachères – Polygraphie.

Jusqu’au 08 février 2020.

Marie Chamant (1944) travaille sur le registre formel du caractère et de l’écriture. Le surgissement du sens se débusque dans tout son œuvre, que cela soit dans ses livres d’artiste ou dans ses séries, pour ne pas dire de ses collections. Car plus que plasticienne, il faut lui préférer le terme de chercheuse. Dans chaque proposition apparaît ce désir de comprendre, de revenir à l’origine afin de fonder son langage plastique en s’appuyant sur la langue originelle.

Au delà de l’élégance graphique de ses signes, la référence s’ancre à l’origine de la création pour construire les moyens à l’inscription de la pensée, pour lancer des articulations entre les périodes et les territoires, afin d’ouvrir les frontières. Elle montre ainsi que l’Humanité avant de prendre la parole devait trouver les moyens de sa transmission, de dire. En constituant des registres balayant toutes ces tentatives réussies à travers les continents, le regard peut s’interroger sur l’utilisation des caractères, éléments considérés ici comme primordiaux.

Le cadre équivaut pour Marie Chamant à un point final, l’artiste en a décidé ainsi. Elle dit aussi que « cela permet de l’isoler du bordel ambiant » en instituant une distance. Son art servirait donc à créer des espaces de pensée, de nous penser hors de nos contingences les plus triviales. Tout travail plastique éprouve par le regard notre capacité à comprendre ce qui s’anime dans les éléments qui composent une démarche en recherche, n’éludant aucune voie mais repoussant plus loin les tentatives de s’y voir pour l’artiste comme pour le regardeur, car l’artiste est celui qui transforme les choses.

Commissariat : Marie-Claire Sellier

Marie Chamant, Univeraube 1971. © Grégory Copitet – Enseigne des Oudin
© Grégory Copitet – Enseigne des Oudin
© Grégory Copitet – Enseigne des Oudin
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